Dans un rapport publié le 15 octobre, la chambre régionale des comptes, sous la présidence de Barbara Falk, met en lumière la fragilité économique des stations thermales en Auvergne-Rhône-Alpes et les limites de leur diversification vers le bien-être.
Fréquentation en baisse
Les stations thermales de la région n'arrivent pas à retrouver le niveau de fréquentation d'avant la crise du Covid-19. En 2025, elles ont reçu 94 709 curistes conventionnés, contre 128 048 en 2016, soit une diminution de 26 %, alors que la baisse nationale est d'environ 22 %. Seules huit des 23 stations de la région ont dépassé le seuil minimal de 4 000 curistes nécessaires à leur viabilité.
Impact économique
Cette chute de la fréquentation menace l'économie de territoires souvent ruraux. En 2024, l'activité thermale a généré 131 millions d'euros de chiffre d'affaires direct et a soutenu 1 522 emplois en équivalent temps plein. Les retombées économiques vont au-delà du thermalisme, avec 1,82 million de nuitées marchandes liées à cette activité, représentant 36 % de l'ensemble des nuitées touristiques dans les stations.
Diversification des offres
Pour attirer de nouveaux clients face au déclin des cures conventionnées, les stations mettent en place des mini-cures non remboursées, des espaces de bains et des services de bien-être. Entre 2022 et 2024, l'accès aux espaces de bien-être et de thermoludisme a augmenté de 25 %, tandis que les séjours santé non remboursés ont progressé de 38 %. Cependant, cette diversification ne garantit pas l'équilibre économique des établissements.
Gestion et financement
À Saint-Gervais-les-Bains, 85 % du chiffre d'affaires provient des activités parathermales, mais les comptes restent déficitaires depuis 2017. À Vals-les-Bains, le chiffre d'affaires a augmenté de 71 % entre 2022 et 2025, mais le résultat net a chuté de 23 %. La chambre régionale des comptes souligne que les données disponibles ne permettent pas de conclure à la rentabilité des nouvelles activités et appelle à une meilleure évaluation des résultats.
Ressources et avenir
Le thermalisme dépend aussi de financements publics. En 2023, l'Assurance maladie a pris en charge près de 53 millions d'euros de soins de cure dans la région. Depuis 2017, la région a investi plus de 100 millions d'euros dans les stations et villes thermales. Le gouvernement envisage de transférer une partie du remboursement des cures thermales aux complémentaires santé pour alléger la charge de l'Assurance maladie.
Appel à une meilleure gestion
En 2025, 75 % des établissements thermaux étaient gérés par des opérateurs privés. La chambre appelle à un meilleur encadrement des contrats et à un contrôle renforcé des délégataires. Elle insiste également sur la nécessité de préserver la ressource en eau pour assurer la pérennité des stations, soulignant que la diversification vers le bien-être ne suffit pas à garantir leur avenir.
Comparaison avec les stations de ski
Barbara Falk rappelle que les difficultés du thermalisme sont similaires à celles rencontrées par les stations de ski, confrontées aux impacts du changement climatique. Elle souligne que l'avenir de ces territoires, souvent en moyenne montagne, dépend de leur capacité d'adaptation.